Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran
Troisième volet de la trilogie de l'invisible
Paris dans les années 60. Momo à 13 ans se retrouve livré à lui-même. Il a un ami, un seul, Monsieur lbrahim, l'épicier arabe de la rue Bleue. Mais les apparences sont trompeuses : un homme pointe sous l'enfant, l'épicier n'est pas arabe et la rue Bleue n'est pas bleue... Entre ses conserves, ses boîtes d'allumettes, ses fruits et légumes et son sourire malicieux, on trouve tout chez Monsieur Ibrahim ! Ce vieux Soufi, ordinaire et excentrique entraînera Momo depuis les rues d'un Paris populaire, jusque sur les routes du Croissant d'Or à la recherche de ces chercheurs de vérité, ces hommes qui vont lui apprendre à danser sa vie.
Comme pour le Golem et Milarepa ce troisième spectacle de "la Trilogie de l'Invisible" prend sa source au coeur de ma vie, de mon enfance avec mon grand-père rue Bleue, et s'enracine dans une grande tradition, le soufisme. Le voyage continue... cette fois il a emprunté un tapis volant !
Avec lui nous suivrons Momo dans son voyage initiatique jusqu'en Anatolie, à la recherche des "Mevlavi" - dont Mr Ibrahim fait partie- une confrérie mystique créée par Djellal-ud-din-Rumi, grand poète mystique persan du 13 ème siècle, dont la vie toute entière symbolise ce chemin de l'Amour.
"Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran"... une histoire toute simple où un jeune garçon juif et rebelle rencontre un vieux sage Musulman qui va devenir son grand-père adoptif.
Une rencontre qui nous aidera peut être à sentir que souvent le miracle de la réconciliation est là, plus proche parfois qu'on ne l'imagine, au bout de la rue peut-être, chez quelqu'un que l'on n'a jamais pris la peine de regarder ou d'écouter...
A propos du soufisme
Un grand maître Soufi disait: "Parler du Soufisme, cest trahir le Secret, la vérité de lexpérience... mais ne pas en parler, cest garder le Secret pour soi...et donc trahir le secret de lAmour !" à quoi cet autre maître répondait "Ce que tu donnes est à toi pour toujours, ce que tu gardes est perdu à jamais !".
Alors essayons...
Le Soufisme est la voie ésotérique de lIslam, une voie initiatique, une voie parallèle, dont lensemble des confréries "forment les branches de fleuves qui se jettent dans une mer unique
Cest aussi une tradition populaire, antérieure à la religion islamique. Cest la voie des gens simples, des pauvres, des derviches errants qui sont juste couverts dun manteau de laine rapiécé, le SOUF.
Avec pour guide Monsieur Ibrahim, nous tenterons dapprocher lunivers de ces chercheurs de Vérité, comme les Halevi, une confrérie qui recommande de chanter les plaisirs de la vie pour honorer Dieu, qui souhaite séparer le culte et la gestion de lÉtat, qui associe les femmes à la réjouissance divine et même le vin à certains rituels... ! Peut-être alors, découvrirons nous un autre visage de lIslam !
Nous suivrons Momo dans son voyage initiatique sur la route du croissant dOr, à travers lAnatolie, la Perse et le Sind à la recherche des Mevlavi - dont Mr Ibrahim fait partie - cette confrérie mystique créée par Rumi, grand poète mystique persan du 13ème siècle, dont la vie symbolise toute entière ce chemin de lAmour.
Si le soufisme est la Voie du dévoilement, le chemin que propose Rumi est celui de lAmour dévoilé. Rumi est au dela des dogmes et des religions, il est le poète de la Voie, lAmoureux par excellence. Cest lui qui fonda ce cérémonial, le Sema, que nous connaissons sous le nom folklorique de Derviches tourneurs : ces hommes qui foulent avec leurs pieds le raisin de la vie pour en extraire le vin de lesprit. Sans relâche, ils tournent autour de leur cur, lieu de la présence divine, car tels des grains de poussière les derviches tournent autour de Dieu, à la recherche de la fusion, de lUnité.
Comme le papillon le vrai Soufi veut faire lexpérience de la Lumière, il veut la connaître. Pour cela un seul moyen, il vole sans peur vers le centre de la flamme et en disparaissant sunit à elle.
Extrait du texte
Publié aux éditions Albin Michel
On a fini dans les jardins secrets du Palais Royal où là, monsieur Ibrahim m'a payé un citron pressé et a retrouvé son immobilité légendaire sur un tabouret de bar, à sucer lentement une Suze-anis.
Je le regardais savourer sa Suze-anis.
- Je croyais que les musulmans, ça ne buvait pas d'alcool.
- Oui, mais moi je suis soufi.
Bon, là, j'ai senti que je devenais indiscret, que monsieur Ibrahim ne voulait pas me parler de sa maladie –et après tout, c'était son droit - ; je me suis tû jusqu'à notre retour rue Bleue.
Le soir, j'ai ouvert le Larousse de mon père. Fallait vraiment que je sois inquiet pour Monsieur Ibrahim, parce que vraiment, j'ai toujours été déçu par les dictionnaires.
"Soufisme : courant mystique de l'islam, né au VIII° siècle. Opposé, au légalisme, il met l'accent sur la religion intérieure." Voilà, une fois de plus ! Les dictionnaires n'expliquent bien que les mots qu'on connaît déjà.
Enfin, le soufisme n'était pas une maladie, ce qui m'a déjà rassuré un peu, c'était une façon de penser - même s'il y a des façons de penser qui sont aussi des maladies, disait souvent Monsieur Ibrahim. Après quoi, je me suis lancé dans un jeu de piste, pour essayer de comprendre tous les mots de la définition.
Bref de tout ça, il ressortait que Monsieur Ibrahim avec sa Suze-anis croyait en Dieu à la façon musulmane, mais d'une façon qui frisait la contrebande, car "opposé au légalisme" et ça, ça m'a donné du fil à retordre...
Et puis les gens du dictionnaire ajoutaient que le soufisme avait été crée par deux mecs anciens, al-Halladj et al-Ghazali, qu'avaient des noms à habiter dans des mansardes au fond de la cour - en tout cas rue Bleue - et ils précisaient que c'était une religion intérieure, et ça, c'est sûr qu'il était discret, monsieur Ibrahim, rapport à tous les juifs de la rue, il était discret.
Petite Revue de Presse
A Paris
Un sourire initiatique
Cest un conte à la Dickens. (
) Quoi de plus magnifique quune religion, quand elle est intérieure, quand elle relie en permanence lhomme à la beauté du monde ? Sans doute, sans doute mais comment montrer cela au théâtre, où tout est sang, chair et cri ? Et comment incarner la paix, lharmonie, la béatitude en évitant le fumeux et le hiératique ? David Copperfield au pays des derviches ? Tout tient miraculeusement grâce à la présence du conteur, Bruno Abraham-Kremer, qui parvient à imposer un ton oscillant entre la poésie et la gouaille, lironie et la ferveur. Il nest jamais sentencieux ; il excelle dans la fausse naïveté et la feinte innocence. Après Le Golem et Milarepa, ce spectacle, mis en scène et interprété par Bruno Abraham-Kremer, clôt la Trilogie de lInvisible. Cest sans doute celui où il a mis le plus de lui-même. On sourit dabord devant les grosses ficelles de sa bonhomie, puis on est ému plus quon ne voudrait. A la fin, on est bouleversé.
Frédéric Ferney - Le Figaro
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) Coup de chapeau également à Bruno Abraham-Kremer, épatant dhumanité dans Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran au Studio des Champs-Elysées.
Marion Thébaud Figaroscope
Le théâtre retrouve ses couleurs ****
A lheure où le monde vibre plus que jamais des fanatismes de tous bords, où la religion prend les armes de la conquête, voici un magnifique spectacle en forme de conte qui réconcilie lhomme avec lui-même. (
) Ecrit spécialement pour le comédien Bruno Abraham-Kremer, le texte dEric-Emmanuel Schmitt est dune simplicité et dune humanité bouleversantes. Accompagné sur scène par le musicien Aram Kérovpyan, lacteur orchestre avec humour, subtilité et énormément de talent les émotions les plus profondes et les plus vives. On rit, on pleure, cest prodigieux !
Héléne Kuttner - Paris Match
Les contes de la rue Bleue
Eric-Emmanuel Schmitt a écrit un texte tout en drôlerie, douceur et gravité, qui nous mène de la rue Bleue à Paris au Croissant dOr. (
) Danecdote en anecdote, on découvre le Paris des filles de la rue de Paradis, celui des églises, la catholique Saint-Antoine, lorthodoxe Sainte-Sophie et la mosquée bleue. Gravité et fantaisie se mêlent dans ce spectacle au charme envoûtant, en forme de voyage initiatique qui débouche sur lamour de soi, le seul qui permette de se réconcilier avec les autres. En prime, Bruno Abraham-Kremer, acteur fin et sensible, dune belle humanité, nous épate, nous émeut, nous amuse. Avec lui, la planète théâtre a trouvé un ami. On suit son histoire avec lenvie que ça ne finisse pas. Un régal.
Marion Thébaud - Figaro Madame
Un voyage initiatique ***
A lui seul, le titre de cette pièce dEric-Emmanuel Schmitt est une invitation au voyage. Bruno Abraham-Kremer, interprète et metteur en scène nous emmène effectivement dans un émouvant voyage, celui de Momo, petit juif en manque daffection, dans les années soixante. (
) Face à cette simplicité, à cette évidence du bonheur, on ne peut sempêcher de cogiter, de penser à soi. Du fond de la scène, des chants liturgiques arméniens sélèvent comme pour renforcer la beauté et lauthenticité du voyage. Bruno Abraham-Kremer, qui incarne les deux personnages, est dune incroyable présence. La petite étincelle qui brille au fond de ses yeux semble vouloir nous persuader de le suivre. On est conquis.
Arthur Georges VSD
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Monsieur Ibrahim, la vie devant soi
Eric-Emmanuel Schmitt a écrit un "hymne à la vie", plein dhumour et de tendresse. (
) Le parcours initiatique de Momo devient un peu le nôtre. Cest aussi une promenade dans le Paris populaire des années 60, où lon croise des putes au grand cur. Lécriture Eric-Emmanuel Schmitt est belle, il y a de la folie, comme chez Romain Gary. Linterprétation de Bruno Abraham-Kremer est toute en rondeur, en bonheur, en douceur. Il nous chope à la gorge avec ce trop plein damour. Tous deux nous donnent vraiment envie dêtre heureux !
Marie-Céline Nivière - Pariscope
De lamitié **
Eric-Emmanuel Schmitt a écrit un monologue dune très belle sensibilité. Ce nétait pas si simple, langélisme guettant un tel sujet. Mais Schmitt sait éviter les écueils des bons sentiments et résister à la tentation détaler sa culture religieuse. La qualité du spectacle tient beaucoup aussi à linterprétation de Bruno Abraham-Kremer, magnifique de tendresse et démotion. Seul en scène, il impose sa belle humanité. On sort heureux.
Jean-Luc Jeener - Figaroscope
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) Elle est belle et généreuse, pleine de lumière et de tolérance, lhistoire dEric-Emmanuel Schmitt. Interprétée et mise en scène avec une affectueuse et tendre simplicité par Bruno Abraham-Kremer, elle fait chaud au cur et émerveille. Comme un conte arabe, comme un conte des Mille et une Nuits quon vous susurrerait doucement à loreille.
Fabienne Pascaud - Télérama
Petit bonheur entre voisins ***
Ce beau texte, écrit par Eric-Emmanuel Schmitt pour Bruno Abraham-Kremer, tient du conte populaire, de la fable mystique et du voyage initiatique.
Sous-titré LHomme réconcilié, ce troisième volet de la Trilogie de lInvisible raconte lhistoire tendre et drôle dun gamin au franc-parler et de lépicier arabe de sa rue, vieux sage soufi mystérieux. Il enseigne à lenfant que le sourire est une clé du bonheur, et dautres préceptes : "Ce que tu donnes, Momo, cest à toi pour toujours, ce que tu gardes, cest perdu à jamais" ; "Arabe, ça veut dire ouvert de 8 heures du matin jusquà minuit et même le dimanche dans lépicerie". Mais peut-être que lenfant nest pas juif ni lépicier musulman. Avec une bonhomie souriante et grave, lacteur nous conduit au-delà des apparences.
Corinne Denailles - Zurban
Un conte savoureux et drôle
Cest une jolie fable qua écrite Eric-Emmanuel Schmitt, et Bruno Abraham-Kremer en fait admirablement ressortir la portée cuménique qui respecte la grande tradition des conteurs arabes, sans renoncer un instant à sa judéité et à la forme dhumour qui en découle tout naturellement. Le récit, savoureux, pittoresque et drôle, savère ainsi émouvant sur le plan humain et instructif sur celui des idées reçues. Car il y de la subtilité dans lapproche des personnages. (
) Ajoutons (
) les accents prenants de la musique dAram Kérovpyan qui laccompagne discrètement et précisons que ce musicien dorigine turque est un spécialiste de la liturgie arménienne. Là encore, il y a un parfum dcuménisme dans lair !
André Lafargue Le Parisien
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Bruno Abraham-Kremer égrène dans la saveur ce texte(
) DEric-Emmanuel Schmitt. Un rendez-vous chaleureux dans lenvoûtement de la musique du compositeur et instrumentiste arménien Aram Kérovpyan.
Véronique Hotte - La Terrasse |
Petite Revue de Presse
Au festival d'Avignon
"II surgit, seul en scène, et saisit immediatement un public qu'il subjugue par I'accent de vérite de ce conte tout en pleins et en deliés qui nous mène de la rue Bleue au Croissant d'Or et qu'a écrit pour lui Eric-Emmanuel Schmitt. Belle et déchirante histoire que celle du petit Momo, abandonné par sa mère, mal aimé par son père et qui trouve en Monsieur Ibrahim, celui qu'il appelle l'épicier "arabe" - il est musulman soufi - un ami puis un père adoptif, et tout de suite, un maître spirituel delié et fraternel.
La gravité et la fantaisie s'enlacent, le rire et les larmes se mêlent. L'écriture de Schmitt est fluide et nerveuse. L'interprète, sensible, profond, tout en souplesse et tact, raconte ici sa propre vie.
Qu'on le sache ou pas, on est transpercé. Bruno Abraham-Kremer est un grand acteur d'une humanité rayonnante.
Le Figaro - Armelle Heliot
"Ce théâtre sacré est une fête de la reconciliation, un "mystére"; ou un "miracle des temps modemes... loin de tous les fanatismes et intégrismes... Lorsque les masques tombent, le rire et le sourire se confondent avec la grâce. Accompagné par le compositeur armenien Aram Kerovpyan Bruno Abraham-Kremer obtient la consecration qu'il mérite."
Midi libre - R Costa
"Un très jolie conte, admirablement interprété par Bruno Abraham-Kremer... un très beau texte de Schmitt.
Un miracle d'Avignon..."
Jacques Nerson
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"Bruno Abraham-Kremer est formidable, on ne peut qu'aimer ce comédien qui joue avec un charme et une malice absolue..."
Odile Quirot - Le masque et la plume - France Inter
"Bruno Abraham-Kremer est tour à tour Monsieur Ibrahim, Momo ou Brigitte Bardot... Avec émotion et pudeur, délicatesse et humour, il décline ces moments de vie rythmés par les notes superbes de Aram Kérovpyan. Et si on a la gorge nouée et les yeux brillants quand la lumière se fait, c'est sans doute que ce texte là parle de l'auteur, du comédien. Et de nous un peu."
La Provence - Nedjma van Egmond
"Dédié à son grand-père (Monsieur Abraham) ce troisième volet de sa trilogie nous entraîne avec bonheur dans l'univers du Soufisme... comme à l'accoutumée, il donne du relief, de la vie à ses personnages avec un soucis de dépouillement et un art consommé de vrai conteur.
Seul sur scène il réinvente le spectacle "solo"."
Tribune Juive - Bernard Kosh
"Une très belle leçon de tolérance... une pièce et une intréprétation pleine d'humour mais aussi avec beaucoup de tendresse et je dois vous dire que vous m'avez arraché ma première larme de ce festival d'Avignon..."
R.F.I- Pascal Paradou
"C'est mon coup de coeur d'Avignon. Un très bon texte d'Eric-Emmanuel Schmit et ne parlons pas de Bruno Abraham-Kremer qui est vraiment quelqu'un d'extraordinnaire... "
Armelle Héliot |